La tendinite du psoas, aussi appelée tendinopathie du psoas iliaque, est une pathologie encore mal comprise alors qu’elle est pourtant fréquente chez les sportifs, les personnes sédentaires en position assise prolongée, mais aussi chez l’aîné.
Elle peut provoquer des douleurs lombaires, une douleur dans l’aine, une gêne dans la hanche ou une irradiation dans la jambe droite ou le membre inférieur. Comprendre ce qui se passe réellement dans le corps humain est essentiel pour soulager la douleur, éviter la chronicité et favoriser une guérison durable.
Comprendre l’anatomie et le rôle du muscle psoas iliaque
Le muscle psoas iliaque est un muscle profond, musculaire et fibreux, situé à l’avant du rachis lombaire. Il prend naissance sur les vertèbres lombaires, les disques intervertébraux et parfois le corps vertébral, puis descend jusqu’au fémur au niveau du petit trochanter. Il traverse la région abdominale, passe près du bassin, du sacrum et de l’articulation de la hanche. Son rôle principal est la flexion de la hanche, la stabilisation du tronc, la posture debout et le contrôle du buste lors de la marche, du footing, de la course à pied ou du squat.
Ce muscle travaille en synergie avec les muscles abdominaux, les fessiers, le muscle carré des lombes, les ischio jambiers, les quadriceps, les adducteurs et même les jambiers. Il est donc directement lié aux membres inférieurs, à la colonne vertébrale, au bassin et à l’équilibre articulaire global.
Pourquoi une tendinite du psoas survient-elle ?
La tendinite ou tendinopathie du psoas est causée par une surcharge tendineuse, une contraction répétée, une musculature déséquilibrée ou une mauvaise posture. Une position assise prolongée avec le bassin en antérieure, un manque d’échauffement, un surmenage en musculation, un footing intensif ou des mouvements de torsion peuvent irriter le tendon. Des traumatismes, une chute, une entorse, une fracture osseuse ou une dégénérescence articulaire comme l’arthrose peuvent également être en cause.
Parfois, la douleur est favorisée par une pathologie associée comme une hernie discale, une hernie inguinale, une sténose du canal lombaire, une pubalgie, une bursite ou une atteinte du nerf crural ou du nerf sciatique. Une inflammation locale peut irriter les nerfs, provoquer un engourdissement, une sensation nerveuse ou une douleur irradiant vers la cuisse, le genou, la fesse, les fesses ou même jusqu’au tibia et au mollet.
Quels sont les symptômes typiques d’une tendinopathie du psoas ?
La douleur est souvent située à l’avant de la hanche, dans l’aine ou en profondeur dans le bas du dos. Elle peut être aiguë ou inflammatoire, parfois sourde, parfois très douloureuse lors de la flexion de hanche, en position debout prolongée, lors de la montée d’escaliers ou quand on soulève une charge. La palpation du psoas peut réveiller une douleur profonde. Une raideur lombaire, une gêne à l’étirement, une sensation de muscle contracté ou tendu sont fréquentes.
Chez certains patients, la douleur s’accompagne de lombalgie, de douleurs au dos, voire de cruralgie ou de névralgie. La toux, certaines postures, le passage assis-debout ou la course peuvent accentuer les symptômes. La douleur peut devenir chronique si le tendon reste irrité.
Comment poser un diagnostic fiable ?
Le diagnostic repose d’abord sur un examen clinique précis réalisé par un médecin du sport, un kinésithérapeute ou un orthopédique. L’interrogatoire, les tests de flexion, d’étirement et de contraction du muscle psoas sont essentiels. En cas de doute ou pour éliminer d’autres causes comme une fracture, une tumeur, une hernie discale ou une atteinte osseuse, des examens d’imagerie peuvent être prescrits.
L’échographie permet de visualiser une inflammation tendineuse ou une bursite. L’IRM est l’examen de référence pour analyser les tissus musculaires, tendineux, les disques intervertébraux, les racines nerveuses et la moelle épinière. Un scanner ou une radiographie peuvent être utiles pour explorer une atteinte osseuse, une arthrose ou une ostéoporose.
Que faire vraiment pour soulager la douleur et guérir ?
Le traitement dépend du stade de la tendinite. En phase aiguë, l’objectif est de soulager la douleur et de calmer l’inflammation. Le repos relatif est important, sans immobilisation totale. Les antalgiques et les anti inflammatoires, parfois sous forme de traitement médical, peuvent aider à soulager les douleurs. Dans certains cas, une infiltration de corticoïdes ou une injection ciblée peut être proposée, toujours avec prudence.
La kinésithérapie et la physiothérapie sont au cœur de la guérison. Le travail avec un kinésithérapeute ou un physiothérapeute permet de corriger les déséquilibres musculaires, de renforcer les muscles abdominaux, les fessiers, le moyen fessier, les quadriceps et les adducteurs, tout en relâchant le psoas contracturé. Les massages, les ultrasons, le travail de fascia, la mobilisation articulaire et le renforcement musculaire progressif sont essentiels.
Faut-il étirer le psoas quand on a une tendinite ?
L’étirement du psoas est souvent mal compris. Un étirement trop intense ou mal réalisé peut aggraver l’irritation. Les exercices d’étirement doivent être doux, progressifs et adaptés à la phase de la pathologie. Étirez le muscle psoas iliaque sans forcer, en respectant la respiration, le gainage et l’alignement du bassin. Le travail statique excessif est à éviter au début.
Avec le temps, des exercices d’étirement bien guidés, associés à un renforcement musculaire et à une amélioration de la circulation sanguine, participent au soulagement et à la récupération fonctionnelle.
Quelle place pour l’ostéopathie et les autres approches ?
L’ostéopathie, la chiropratique ou l’intervention d’un ostéopathe peuvent être utiles en complément. Le travail sur le bassin, la région lombaire, le sacro iliaque, le fascia lata, les ligaments et les articulations permet parfois de diminuer les contraintes sur le tendon du psoas. Ces approches ne remplacent pas la rééducation mais peuvent améliorer la mobilité et réduire les douleurs.
Quand envisager une infiltration ou une chirurgie ?
Les infiltrations de cortisone sont réservées aux formes résistantes malgré un traitement bien conduit. Elles peuvent soulager temporairement mais ne corrigent pas la cause. La chirurgie ou une intervention chirurgicale est exceptionnelle et réservée aux cas très rares, souvent associés à une lésion sévère, une dégénérescence importante, une compression nerveuse ou une pathologie associée grave.
Reprendre l’activité physique sans risque de rechute
La reprise du sport, de la course à pied ou de la musculation doit être progressive. Un bon échauffement, un travail de gainage, une posture avec le dos droit, un renforcement équilibré des muscles inférieurs et du tronc sont indispensables. Évitez les charges excessives, les mouvements brusques et les douleurs persistantes. La tendinite du psoas peut guérir, mais seulement si le corps est respecté dans sa globalité.
À retenir sur la tendinite du psoas
La tendinopathie du psoas n’est jamais un problème isolé. Elle reflète souvent un déséquilibre musculaire, articulaire ou postural impliquant la hanche, la colonne vertébrale et les membres inférieurs. Un diagnostic précis, une rééducation adaptée et une prise en charge globale sont les clés pour soulager les douleurs, retrouver une activité physique normale et éviter les rechutes.
FAQ
Comment savoir si la douleur vient vraiment du psoas et pas d’un autre muscle ou du dos ?
La douleur liée au muscle psoas iliaque est souvent située en profondeur dans l’aine, à l’avant de la hanche ou dans le bas du dos, avec une gêne marquée lors de la flexion de hanche, du passage assis-debout ou de la marche. Elle peut irradier vers la cuisse ou le genou et s’accompagner d’une raideur lombaire. Un examen clinique précis, basé sur la palpation, les tests de contraction et d’étirement, permet déjà d’orienter le diagnostic. En cas de doute avec une hernie discale, une atteinte nerveuse ou une pathologie articulaire, une IRM ou une échographie est souvent nécessaire pour confirmer l’origine tendineuse de la douleur.
Est-ce que le fait de rester longtemps en position assise peut provoquer une tendinite du psoas ?
Oui, la position assise prolongée est l’une des causes les plus fréquentes de tendinopathie du psoas. Lorsque le bassin bascule vers l’avant et que les hanches restent en flexion plusieurs heures par jour, le muscle psoas reste raccourci et contracté. Cette tension chronique perturbe la circulation sanguine, favorise l’inflammation du tendon et peut provoquer des douleurs lombaires, une gêne dans l’aine ou une sensation de tiraillement dans le membre inférieur.
Faut-il absolument arrêter toute activité physique en cas de tendinite du psoas ?
L’arrêt total de l’activité physique n’est généralement pas recommandé. Le repos relatif est préférable, en évitant les mouvements douloureux comme la course à pied, le squat profond ou les exercices sollicitant fortement la flexion de hanche. Une activité adaptée, encadrée par un kinésithérapeute ou un médecin du sport, permet de maintenir une bonne mobilité articulaire, de préserver la musculature et d’accélérer la guérison sans aggraver l’inflammation.
Les étirements du psoas sont-ils toujours bénéfiques ?
Les étirements peuvent être utiles mais uniquement s’ils sont réalisés au bon moment et de manière progressive. En phase aiguë, un étirement trop intense peut augmenter l’irritation du tendon et la douleur. Lorsque l’inflammation diminue, des exercices d’étirement doux, associés au renforcement des muscles abdominaux, des fessiers et des cuisses, contribuent au soulagement durable et à la prévention des récidives.
Quand faut-il envisager une infiltration ou un traitement chirurgical ?
Les infiltrations de corticoïdes sont envisagées uniquement lorsque la douleur persiste malgré une rééducation bien menée, un traitement médical adapté et une modification des facteurs aggravants. Elles peuvent soulager temporairement l’inflammation mais ne traitent pas la cause mécanique du problème. La chirurgie reste exceptionnelle et concerne surtout des situations complexes associées à une lésion importante, une compression nerveuse ou une autre pathologie sévère de la hanche ou du rachis.