Ménopause : 6 femmes sur 10 ont mal aux articulations

Ménopause : 6 femmes sur 10 ont mal aux articulations

Les douleurs sont arrivées sans prévenir, un peu partout. Une épaule, puis une hanche, puis les mains le matin. Vous avez consulté, on a cherché une polyarthrite, on a parlé d’arthrose, et personne n’a prononcé le mot ménopause.

Une méta-analyse parue en janvier 2026 a rassemblé les données de 93 021 femmes pour mesurer précisément ce qui se passe.

LA RÉPONSE COURTE

Quatre femmes sur dix ont des douleurs musculaires ou articulaires avant la ménopause. Elles sont six sur dix après. L’écart est net, il tient sur 93 021 femmes et vingt-deux pays, mais les études rassemblées sont observationnelles : elles établissent une association, pas une cause. Le levier le mieux documenté reste le renforcement, trois fois par semaine.

Quatre femmes sur dix avant, six sur dix après

Une équipe canadienne a passé en revue 5 556 références et retenu 37 études observationnelles, menées dans 22 pays, totalisant 93 021 femmes. L’objectif était simple : comparer la fréquence des douleurs musculaires et articulaires aux trois étapes de la transition.

Prévalence des douleurs selon l’étape de la ménopause

Les trois taux et leurs intervalles de confiance.

Le passage de 40 à 57 % correspond à un risque multiplié par 1,35. Celui de 40 à 59 % à un risque multiplié par 1,40. Les deux écarts sont statistiquement très solides, avec des intervalles de confiance étroits et des milliers de femmes dans chaque comparaison.

LA HAUSSE

148 femmes de plus sur 1 000

la différence absolue entre la préménopause et la postménopause. Sur mille femmes qui traversent cette période, cent quarante-huit auront des douleurs qu’elles n’auraient pas eues avant.

Si vous avez eu le sentiment que votre corps changeait d’un coup et que personne ne faisait le rapprochement, ce chiffre dit que vous n’étiez pas un cas isolé. Vous faisiez partie de la majorité.

L’ÉTUDE

Musculoskeletal Manifestations of Perimenopause: A Systematic Review and Meta-Analysis of 93,021 Women

Kruse C., McKechnie T., Dworsky-Fried J., Sardar A., Hacker G., Rattansi S., Fang E., Sprague S., Shea A.K., Bhandari M. — JBJS Open Access, 2026, 11(1), e25.00254. 37 études, 22 pays, 93 021 femmes.

Les limites que les auteurs posent eux-mêmes

Trois réserves figurent noir sur blanc dans leur conclusion, et elles comptent autant que le résultat.

Les trente-sept études sont observationnelles. Elles comparent des groupes à des moments différents de la vie, elles ne testent rien. La ménopause arrive aussi avec l’âge, et l’âge apporte ses propres douleurs. Les deux effets se mélangent et aucune de ces études ne peut les séparer.

L’hétérogénéité entre les études est considérable, de 88 à 95 %. Ni le pays ni la méthode de mesure ne l’expliquent, ce qui veut dire qu’un facteur non identifié fait varier fortement les résultats d’une étude à l’autre.

Enfin, les auteurs notent que les diagnostics précis sont sous-rapportés. Presque toutes les études se contentent de dire douleur musculaire ou articulaire, sans préciser l’épaule gelée, la tendinite ou l’arthrose. On sait donc que la douleur augmente, on ne sait pas encore de quelle douleur il s’agit.

Leur dernière phrase demande des travaux de meilleure qualité pour confirmer l’association. C’est la position honnête, et c’est aussi la nôtre.

La vidéo la plus enregistrée de la chaîne sur le bas du dos.

Le renforcement agit sur l’os, et la dose est connue

Puisque la cause exacte n’est pas tranchée, la question utile devient : qu’est-ce qui a été testé chez les femmes ménopausées, dans de vrais essais randomisés ?

Une méta-analyse de 17 essais randomisés et 690 participantes a mesuré l’effet du renforcement sur la densité osseuse. Au col du fémur, l’endroit qui casse lors d’une chute de la hanche, la taille d’effet est de 0,89, ce qui est considéré comme important. Sur la colonne lombaire elle est de 0,88, sur la hanche totale de 0,30.

CHIFFRE CLÉ

3 séances

par semaine, à intensité soutenue et sur au moins quarante minutes : les paramètres qui ressortent des essais où l’os a réellement gagné en densité.

Une précision qui compte, et que nous n’allons pas vous cacher : ces essais ont mesuré la densité osseuse, pas la douleur articulaire. Personne n’a montré que le renforcement fait disparaître les douleurs de la ménopause. Ce qu’on sait, c’est qu’il agit sur l’os, et que l’os est justement ce qui devient fragile à cette période.

Les auteurs eux-mêmes qualifient leurs conclusions de préliminaires : peu d’essais dans chaque sous-groupe, et une hétérogénéité élevée sur deux des trois sites mesurés.

L’ÉTUDE

Optimal resistance training parameters for improving bone mineral density in postmenopausal women

Zhao et coll., sous la direction de Yun H. — Journal of Orthopaedic Surgery and Research, 2025, 20, 523. 17 essais randomisés, 690 participantes.

Le traitement hormonal n’est pas de notre ressort

La question du traitement hormonal de la ménopause revient dans presque toutes les conversations sur ce sujet. Elle se décide avec un médecin, au cas par cas, en fonction de vos antécédents, et personne d’autre ne peut la trancher à votre place.

Nous ne sommes pas des professionnels de santé et nous ne donnons aucun avis là-dessus. Ce que nous pouvons dire, c’est que la question mérite d’être posée, et qu’une consultation dédiée à la ménopause n’est pas un luxe.

Les trois mouvements à faire chez vous

Trois exercices en charge, les seuls qui sollicitent l’os. Trois fois par semaine, en montant progressivement.

1. La montée de marche

Face à la première marche d’un escalier, une main sur la rampe. Montez un pied, puis l’autre, redescendez de la même manière. Dix fois en commençant par la jambe droite, dix fois par la gauche.

L’impact modéré de la montée est exactement le type de charge auquel l’os répond. La rampe reste disponible sans que vous vous y suspendiez.

La montée de marche, une main sur la rampe

Le poids passe sur la jambe qui monte, la rampe sert d’appui léger.

2. Le squat sur chaise

Debout devant une chaise, pieds écartés à la largeur des hanches. Descendez lentement jusqu’à effleurer l’assise, sans vous asseoir, puis remontez. Dix fois.

La chaise sert de repère et de filet. Si dix répétitions passent facilement, ralentissez la descente avant d’en ajouter.

Le squat au-dessus d’une chaise

La descente s’arrête juste au-dessus de l’assise, le dos reste droit.

3. La poussée contre le mur

Face à un mur, mains à hauteur d’épaules, pieds reculés d’un grand pas. Pliez les coudes pour approcher la poitrine du mur, puis repoussez. Dix fois.

Pour charger davantage, reculez les pieds. Le poignet et le haut du dos travaillent ensemble, et ce sont deux zones où la fracture est fréquente après la ménopause.

La poussée contre le mur, bras pliés

Le corps reste aligné de la tête aux talons pendant la poussée.

La routine complète pour les jambes, si vous voulez aller plus loin.

Le matériel qui sert vraiment

Les trois mouvements se font sans rien. Pour monter la charge quand ils deviennent faciles, deux objets suffisent.

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Cinq résistances pour continuer à progresser une fois les dix répétitions faciles.

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Pour que rien ne glisse pendant la poussée au mur et les squats.

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QUAND DEMANDER UN AVIS MÉDICAL

Une articulation gonflée, chaude ou rouge, une raideur matinale qui dure plus d’une heure, des douleurs symétriques aux deux mains, une fracture survenue après une chute sans gravité, ou des douleurs qui vous empêchent de dormir : parlez-en à un médecin. Plusieurs maladies articulaires débutent à cet âge et se traitent d’autant mieux qu’elles sont prises tôt. Attribuer d’emblée toutes les douleurs à la ménopause est aussi risqué que de ne jamais y penser. Nous partageons de l’information et des mouvements, nous ne posons aucun diagnostic.

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SOURCES

Kruse C., McKechnie T., Dworsky-Fried J., Sardar A., Hacker G., Rattansi S., Fang E., Sprague S., Shea A.K., Bhandari M. Musculoskeletal Manifestations of Perimenopause: A Systematic Review and Meta-Analysis of 93,021 Women. JBJS Open Access, 2026, 11(1), e25.00254.

Zhao et coll., Yun H. Optimal resistance training parameters for improving bone mineral density in postmenopausal women: a systematic review and meta-analysis. Journal of Orthopaedic Surgery and Research, 2025, 20, 523.

Brigade Antirouille partage de l’information et des mouvements. Nous ne sommes pas des professionnels de santé et nous ne posons aucun diagnostic. En cas de douleur persistante, consultez.